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André Fortin: meurtre ou suicide? le coroner ne peut rien confirmer

LCN

André Fortin: meurtre ou suicide? le coroner ne peut rien confirmer

Mise à jour : 12/05/2000 07
 
Le coroner n'est pas en mesure de dire pour l'instant si André Fortin s'est enlevé la vie ou s'il a été assassiné. Les résultats préliminaires de l'autopsie pratiquée sur le corps du chanteur des Colocs ont été rendus public hier après-midi.

La police, qui affirmait plus tôt dans la journée avoir retrouvé des notes indiquant l'état dépressif du chanteur, émet maintenant des doutes sur la thèse du suicide. Tout comme le coroner, l'enquêteur chargé du dossier se pose des questions sur l'origine de certaines blessures relevées sur le corps de l'homme de 38 ans. Des analyses plus poussées seront réalisées au cours des prochains jours. Selon le bureau du coroner, le décès remonterait à lundi.

Les policiers n'ont pas remarqué de trace d'infraction, ni de trace d'une possible altercation à l'intérieur du logis et les portes de l'appartement étaient verrouillées.

André «Dédé» Fortin a été retrouvé mort mercredi après-midi dans son appartement de la rue Rachel sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal. Un groupe d'amis, sans nouvelles de lui depuis dimanche, l'ont trouvé dans son appartement, gisant dans son sang avec un couteau planté dans la région du thorax. Les amis ont pénétré dans le logis en brisant une fenêtre à l'arrière de l'appartement.

Son décès est considéré comme suspect par les forces policières. Meurtre ou suicide? Les autorités refusent de s'avancer sur les circonstances de son décès. Une autopsie sera pratiquée aujourd'hui sur le corps du chanteur afin de déterminer si l'artiste de 38 ans s'est infligé lui-même les blessures mortelles ou s'il a été victime d'un acte criminel.

André Fortin devait participer mercredi à une conférence de presse en compagnie de Richard Desjardins et de Mario Peluso pour annoncer une série de spectacles-bénéfices pour sauvegarder la forêt boréale.

Les Colocs avaient déjà perdu un membre du groupe: Patrick Esposito est décédé des suites du SIDA en novembre 1994.

Biographie

Dédé Fortin, né en novembre 1962, a fondé les Colocs en 1990.

Rapidement, le «p'tit gars du Lac St-Jean» a fait sa marque et a su donner un ton à ce groupe marginal qui ne se pliait guère aux exigences promotionnelles du métier. En 1993, le groupe sort son premier album qui contient le succès Julie. Dédé Fortin et sa bande atteignent les sommets des palmarès. Le groupe sort l'album double Atrocetonique le soir du référendum d'octobre 1995.

Les Colocs étaient un groupe engagé. Souverainiste convaincu, Dédé a participé à plusieurs événements en faveur du «oui». Le groupe était également toujours présent pour appuyer une cause en participant à des spectacles-bénéfices. Homme sans compromis qui admettait d'ailleurs en public avoir mauvais caractère, Dédé Fortin savait cependant faire preuve d'une incroyable générosité sur scène.

En spectacle, l'imprévisible chanteur se donnait à fond et son énergie n'avait pas de limite. Avec lui, un spectacle des Colocs était un événement qui tournait vite à la fête.

Le dernier album lancé en 1998 -Dehors novembre- a reçu son lot d'honneurs. Il a reçu le Félix de l'album rock de l'année au gala de l'ADISQ en 1998 et le groupe a remporté le Félix du meilleur groupe rock de l'année en 1999. Dehors novembre a été vendu à plus de 100 000 exemplaires.

Sa mort crée un vide immense dans le milieu de la chanson québécoise.

Réactions à la mort de «Dédé» Fortin (1962-2000)

La mort du leader des Colocs a provoqué une onde de choc dans la communauté artistique québécoise. L'émotion était palpable mercredi soir lors du lancement du premier disque de Richard Petit, le frère de l'humoriste Martin Petit.

Dédé Fortin et lui étaient de grands amis. André Fortin avait même cogné aux portes de maisons de disques pour lui obtenir un contrat. Certaines chansons de l'album de M. Petit ont été écrites en collaboration avec le leader des Colocs. Ébranlé par la nouvelle, Richard Petit a bien failli s'effondré sur scène.

Le chroniqueur de l'hebdomadaire Voir, Nicolas Tittley, estime que Dédé Fortin était l'âme de ce groupe, véritable vent de fraîcheur du début des années 90. Selon lui, il est presque impossible de penser pouvoir remplacer Dédé Fortin au sein de la formation musicale. Cependant, l'influence de son groupe continuera à se faire sentir auprès des groupes de la relève.

En RealVideo, le reportage de Jean-François Guérin.

Information complémentaire