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Suicide annoncé de Marcel Tremblay - Journée chargée pour le centre d'appel de Suicide-Action

LCN

Suicide annoncé de Marcel Tremblay

Journée chargée pour le centre d'appel de Suicide-Action

Mise à jour : 29/01/2005 19h09
 

La nouvelle en vidéo

Le geste de Marcel Tremblay, cet homme de 78 ans gravement malade qui a médiatisé son suicide, a suscité de nombreuses réactions. Il risque également d'occasionner une hausse du nombre de suicides, selon certains spécialistes.

À Montréal, au centre d'appel de Suicide-Action, la journée a d’ailleurs été chargée pour les téléphonistes. Les lignes n'ont pas arrêté de sonner.

Même s'ils sont rares, les cas de suicide dont les médias acceptent de parler ont des conséquences.

«Il y a un impact non seulement au niveau du nombre d'appels qu'on reçoit, mais il y a aussi un impact au niveau du nombre de décès que ça apporte», explique le directeur général par intérim de Suicide-Action, Louis Lemay.

Les spécialistes s'entendent toutefois pour dire que le cas de Marcel Tremblay est très particulier.

«Habituellement, quand quelqu'un dit qu'il a l'intention de s'enlever la vie, c'est un appel au secours», précise Brian Mishara, directeur du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide.

Même si le suicide est légal au pays depuis 1973, le dénouement n'aurait peut-être pas été le même si la même situation s'était produite au Québec. Ici, les policiers et la famille auraient dû intervenir pour empêcher ce geste en raison de la loi du bon samaritain.

Si un citoyen, n'importe quel citoyen, est au courant que la vie de quelqu'un est en danger, on doit: soit porter secours, soit appeler les services pour aider la personne.»

Marcel Tremblay a toutefois relancé le débat sur l'euthanasie. Selon M. Mishara, il ne faut toutefois pas en venir à penser que la mort est la seule façon de soulager les souffrances des individus. Même dans les pays où cette pratique est légale, les règles sont très strictes.

«Dans les Pays-Bas, où ces pratiques sont légales, ils refusent deux tiers des demandes sur la base qu'on a pas encore tout fait pour essayer de soulager la souffrance de la personne avant d'avoir recours à la mort.»

Le gouvernement canadien ne s'est jamais réellement penché sur la question du suicide assisté. Un comité sénatorial a toutefois déterminé il y a cinq ans que les Canadiens avaient droit à une mort dans la dignité et qu'il fallait améliorer l'accessibilité aux soins palliatifs.

Reste maintenant à savoir si Ottawa exaucera la dernière volonté de Marcel Tremblay, celle de légaliser l'euthanasie ou du moins, d'ouvrir le débat.

En vidéo, écoutez le reportage de François Cormier.