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Nord-du-Québec - Le corps du troisième mineur disparu retrouvé

Agence QMI

Nord-du-Québec

Le corps du troisième mineur disparu retrouvé

Mise à jour : 03/11/2009 17h35
 

La nouvelle en vidéo

Video 1

Mineurs: entrevue avec la mère de l'une des victimes.

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Mineurs: entrevue avec Pierre Bernaquez.

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Mineurs: écoutez notre reportage.

Le cadavre du troisième mineur porté disparu vendredi soir au fond d'une mine d'or à Desmaraisville, au Québec, a été trouvé en fin de soirée, hier. Il s'agit du corps de Marc Guay, âgé de 31 ans.

Rappelons que le corps de Dominico Bollini, 44 ans, a été remonté à la surface en fin d'après-midi, hier, après une journée de recherches dans les galeries finalement asséchées après des travaux de pompage. Puis, vers 18h45, les secouristes ont retrouvé le corps de Bruno Goulet, âgé de 36 ans.

Les corps des mineurs étaient complètement gelés

(Presse canadienne) - Les corps des trois mineurs qui ont péri au fond d'une mine étaient complètement gelés lorsque les secouristes les ont retrouvés, a déclaré mardi le frère d'une des victimes. En entrevue avec La Presse canadienne, Pietro Bollini a affirmé que les trois pères de famille sont tombés dans une eau glaciale, alors qu'ils effectuaient des travaux dans le puits d'une mine, vendredi, dans le Nord-du-Québec.

M. Bollini a estimé qu'à cette température, son frère Domenico, ainsi que ses collègues Bruno Goulet et Marc Guay, ont dû succomber rapidement, dans la mine de la société Métanor à Desmaraisville, entre Chibougamau et Lebel-sur-Quévillon. Selon M. Bollini, qui a assisté aux opérations de recherche dès samedi, les corps remontés par les sauveteurs étaient complètement gelés par les eaux souterraines où ils sont restés pendant plus de deux jours.

Pietro Bollini a affirmé mardi que, dans les circonstances, les sauveteurs ont fait du mieux qu'ils ont pu pour porter secours aux trois hommes, mais qu'avec l'eau glacée, les trois victimes n'ont probablement pas dû tenir plus que 15 minutes. «Tremper dans l'eau froide comme elle était là, oublie ça, a-t-il dit. C'est des 'mottons' de glace. Ce qu'ils ont sorti hier, c'était gelé de bord en bord. Dix ou 15 minutes là-dedans, t'es mort.»

Les dépouilles des trois hommes ont été remontées à la surface lundi, au terme d'une importante opération de pompage qui a permis aux sauveteurs d'accéder à la galerie inondée, au 11e niveau du puits, qui en compte 12. Les trois mineurs effectuaient des travaux dans le puits de la mine, qui n'est pas en service, quand la cage d'ascenseur dans laquelle ils se trouvaient est descendue jusqu'à une galerie qui n'aurait normalement pas dû être inondée.

Italo Bollini, le père de Domenico, est allé rejoindre son fils Pietro à Desmaraisville, mardi, afin d'avoir des explications. Lors d'une entrevue accordée dans un stationnement du poste de la Sûreté du Québec, à Lebel-sur-Quévillon, les deux hommes ont affirmé qu'ils devront attendre le rapport de la Commission de la sécurité et de la santé du travail pour en savoir plus.

Italo Bollini, qui a immigré d'Italie en 1957 pour s'installer au Québec, où il a travaillé dans le secteur minier, a affirmé qu'il n'avait jamais vu un tel accident auparavant. «C'est un accident qui n'était pas supposé arriver, a-t-il dit. Il y a eu une défectuosité quelque part. Je n'en sais pas plus. Je n'étais pas là.»

Italo Bollini, qui a été mineur pendant 30 ans, a affirmé que son fils travaillait dans le secteur minier depuis 21 ans. «J'ai été plus chanceux que lui», a-t-il laissé tomber en se rappelant que durant sa carrière, le pire qui lui est arrivé, ce fut une fracture au pied.

Domenico Bollini, un résidant d'Amos de 44 ans, était le père d'un garçon de 11 ans et d'une fille de neuf ans, qu'il avait en garde partagée. Lors de l'accident, M. Bollini était avec M. Goulet, un résidant de La Sarre âgé de 36 ans qui était père de deux enfants. Les deux employés de Métanor étaient accompagnés par M. Guay, un travailleur au service d'un sous-traitant. M. Guay, qui habitait Amos, était âgé de 31 ans.

Vendredi dernier, en soirée, les trois hommes effectuaient des travaux préalables à la remise en service de l'exploitation souterraine de la mine, à environ 700 km de Québec. Constatant que la communication était rompue avec les travailleurs, l'opérateur du treuil a remonté la cage d'ascenseur dans laquelle ils devaient se trouver, mais celle-ci était vide. Une trappe au plafond était cependant ouverte, ce qui a permis d'espérer que les trois hommes avaient pu s'en sortir et accéder à une poche d'air au bout d'une galerie.

Les dépouilles des trois hommes ont été remontées à la surface lundi -- le dernier, M. Guay, à la toute fin de la soirée --, après une importante opération de pompage qui a permis aux sauveteurs d'accéder à la galerie inondée, à environ 500 mètres de profondeur.

Le coroner chargé de l'enquête pour déterminer les circonstances de leur décès, Claude Malenfant, a rendu les corps aux familles, jugeant une autopsie inutile. Le bureau du coroner n'a cependant pas voulu révéler les causes de la mort des travailleurs. Il devra déterminer pourquoi les détecteurs d'écoulement d'eau souterraine n'ont pas permis de savoir que le niveau était anormalement élevé dans le fond du puits.

En plus des inspecteurs de la CSST qui doivent aussi examiner les circonstances de l'accident, des enquêteurs de la Sûreté du Québec sont chargés d'évaluer si des éléments de négligence criminelle sont en cause.

Pietro Bollini, qui a été sur le site de la mine pendant deux jours, n'a pas exclu la possibilité que les trois mineurs soient morts avant d'arriver dans l'eau glacée. Selon M. Bollini, la vitesse à laquelle la cage d'ascenseur descendait est un élément à éclaircir, puisqu'elle permettra de déterminer la vigueur du choc avec l'eau. «À la vitesse où ils sont arrivés dans l'eau, il y en avait qui étaient déjà morts», a-t-il soutenu.