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Déjà, la polémique enflait lundi sur l'absence d'une alerte sur le campus après les premiers coups de feu. Le tireur a en effet d'abord ouvert le feu dans un dortoir, avant de récidiver dans une salle de classe deux heures plus tard.
Selon de nombreux étudiants, les premières informations sur la fusillade leur sont parvenues par courrier électronique deux heures après les premiers coups de feu, soit environ au même moment où le tueur frappait pour la seconde fois.
Le président de Virginia Tech, Charles Steger, après avoir évoqué une «tragédie aux proportions monumentales», a précisé que les autorités avaient pensé après les premiers coups de feu qu'il s'agissait d'une dispute domestique et que le tireur avait quitté le campus.
«Nous n'avions aucune raison de suspecter qu'un autre incident allait se produire», a-t-il souligné, précisant que l'université avait condamné le dortoir après les premiers coups de feu. Défendant la méthode des courriers électroniques, il a rajouté que l'administration avait au préalable commencé à appelé les responsables des différentes résidences pour les avertir.
La pire fusillade de l'histoire américaine datait jusqu'à lundi de 1991, année où George Hennard avait abattu 23 personnes dans une cafétéria du Texas avant de se donner la mort.
Le drame s'est déroulé en deux temps, sur deux sites du campus de 1.052 hectares, qui abrite plus de 25.000 étudiants à temps plein. Des tirs ont d'abord éclaté vers 7h15 dans une résidence-dortoir pour étudiants où vivent 895 d'entre eux, où une personne a été tuée. Puis, deux heures plus tard, dans une salle de classe de Norris Hall, un bâtiment de génie mécanique, le tueur a fait 31 victimes, selon la police.
En outre, au moins 26 personnes ont été blessées et ont été admises dans trois hôpitaux de la région, notamment pour des blessures par balles, selon les autorités. Leur état de santé n'était pas connu précisément, mais au moins six étaient traitées en chirurgie. Certaines victimes, mais pas toutes, sont des étudiants.
Le nom du tueur n'a pas été communiqué. On ne savait pas s'il était étudiant sur le campus, et on ignorait le motif de son acte. La police pense qu'il a agi seul. Le chef de la police de Virginia Tech, Wendell Flinchum, n'a pas précisé combien d'armes avait en sa possession le tireur. Un responsable des forces de l'ordre s'exprimant sous couvert de l'anonymat a de son côté affirmé que le forcené était armé de deux pistolets et avait plusieurs recharges de munitions.
Les coups de feu ont déclenché la panique et la confusion sur le campus, des témoins affirmant avoir vu des étudiants sauter par les fenêtres pour échapper au tireur et d'autres porter eux-mêmes les victimes dans l'attente de l'arrivée des secours. Le tout sous la fine neige qui tombait lundi sur la Virginie.
La police a indiqué qu'elle travaillait toujours sur les premiers tirs lorsqu'elle a appris qu'une autre fusillade avait éclaté ailleurs sur le campus. Après les premiers coups de feu, les étudiants ont été confinés dans leurs chambres mais ont cru l'alerte levée au bout de quelques temps, d'où la question de savoir comment le tireur avait pu sévir une seconde fois dans un intervalle de deux heures.
«Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'était ridicule», a déclaré sur CNN l'étudiant Jason Piatt. «Pendant qu'ils envoient ce courrier électronique, 20 personnes supplémentaires (en fait 31, NDLR) ont été tuées».
En vidéo 1, écoutez la conférence de presse des autorités de l'université.
En vidéo 2, écoutez le reportage de Maxime Landry.