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Chute du Mur de Berlin - 20 ans après, l'Allemagne se souvient

LCN

Chute du Mur de Berlin

20 ans après, l'Allemagne se souvient

Mise à jour : 09/11/2009 08h13
 

La nouvelle en vidéo

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Mur: Léa Chalmont, rédactrice en chef, Berlin poche.

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Mur: Klaus Geyer, consul général de l'Allemagne à Montréal.

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Berlin: entrevue avec un journaliste sur place.

(AP) -- Les célébrations officielles du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin ont commencé par une messe en présence des dirigeants allemands lundi matin dans l'église Gethsemane de l'ex-Berlin-Est, point de ralliement des dissidents en 1989. Les cérémonies culmineront dans la soirée avec la chute de dominos géants symbolisant l'effondrement en cascade du bloc communiste d'Europe de l'Est. «Nous nous souvenons des larmes de joie, des visages réjouis, de la libération», a souligné l'évêque luthérien Wolfgang Huber devant l'assemblée, dans laquelle se trouvaient notamment de la chancelière Angela Merkel, première dirigeante de l'Allemagne unifiée à avoir grandi à l'Est, et le président Horst Kohler.

C'est le 9 novembre 1989 que le Mur édifié 28 ans plus tôt par le régime communiste pour isoler Berlin-Est de l'Ouest commença à tomber, rapidement suivi de la réunification de l'Allemagne et de l'effondrement de tout le bloc communiste en Europe, puis de celui de l'Union soviétique en 1991. Après l'annonce de l'ouverture conditionnelle de la frontière est-allemande, les Berlinois de l'Est s'affranchirent des formalités prévues et submergèrent les postes-frontières pour passer côté ouest.

En entendant la déclaration du porte-parole du Politburo du Parti communiste, Angela Merkel affirme avoir pensé que «quelque chose pourrait se passer le soir du 9 novembre. Nous étions sans voix et heureux», s'est souvenu la chancelière, aujourd'hui âgée de 55 ans, interrogée par la chaîne de télévision allemande ARD. En 28 ans de Mur, 136 personnes ont péri en tentant de traverser la frontière. Des bougies ont été allumées à Berlin pour leur rendre hommage.

La chancelière allemande devait se rendre dans l'après-midi au point de passage de la Bornholmer Strasse pour une promenade avec l'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, l'ex-président polonais Lech Walesa, dont le mouvement Solidarité joua un rôle-clé dans l'effondrement du communisme en Europe de l'Est, ainsi que des militants des droits civiques et des témoins de l'événement.

Dans la soirée du 9 novembre 1989, des milliers de Berlinois de l'Est s'étaient massés à cet endroit pour passer à l'Ouest. Angela Merkel avait suivi la foule en fin de soirée pour une promenade de l'autre côté, avant de rentrer chez elle.

Pour plus de détails: le site de la Gazette de Berlin

Mme Merkel devait être rejointe en début de soirée à Berlin par le président russe Dimitri Medvedev et les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne ainsi que la secrétaire d'État américaine Hillary Rodham Clinton, le président Barack Obama n'ayant pu venir lui-même, pour une «grande Fête de la liberté».

Musique classique, rock et feu d'artifice figurent au programme de la soirée, avant une deuxième chute symbolique du Mur, en l'occurrence 1.000 dominos en polystyrène de 2,5m de haut, disposés sur les 2 kilomètres séparant le Reichstag de la Potsdamer Platz, où le Mur divisait autrefois Berlin. C'est à Lech Walesa que devait revenir l'honneur de renverser le premier domino.

Il y a 20 ans, plus de trois des 16,6 millions d'Allemands de l'Est s'étaient rendus à l'Ouest en trois jours, entre le 9 et le 12 novembre 1989, après l'ouverture de la frontière. Ce 9 novembre, «c'était le grand jour (...) Je suis heureux chaque fois que je me souviens que nous sommes tous parvenus à cette réunification d'une façon si pacifique», a déclaré lundi Walter Momper, maire de Berlin-Ouest de l'époque.

«Trop de murs restent debout »

Trop de murs restent debout », a regretté lundi la directrice générale élue de l'UNESCO, la Bulgare Irina Bokova, à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, un événement, selon elle, «d'une importance historique considérable» mais qui ne doit pas faire oublier que d'autres séparations subsistent à travers le monde. Ces murs continuent aujourd'hui de s'élever entre les deux Corées, entre Israël et les territoires palestiniens, entre les Chypriotes grecs et turcs, entre les États-Unis et le Mexique et aux portes de l'Europe, dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, au Maroc.

«Aujourd'hui, nous vivons dans un monde globalisé, mais trop de murs restent debout», relève Mme Bokova dans un communiqué, qui ajoute que la mission de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la culture et la science (UNESCO) est d'en «finir avec ces murs, où qu'ils soient et quelle que soit la forme qu'ils prennent». «Si la mondialisation peut être une force libératrice, elle risque aussi de créer un monde plus uniforme, nivelant l'incroyable diversité qui est la véritable source de la créativité humaine, du développement économique et social, et d'ouvrir la voie à de nouvelles formes de répression, d'exclusion et de pauvreté», poursuit la directrice générale élue, qui prendra ses fonctions le 15 novembre.

À ses yeux, le dialogue permanent et l'échange entre responsables politiques et sociaux, et entre les différents groupes culturels et religieux, sont «essentiels pour dépasser ces menaces et bâtir à partir des changements positifs survenus depuis la chute du Mur de Berlin, il y a vingt ans».

Le ministre de la Défense Peter MacKay représente le Canada à Berlin

Le ministre de la Défense du Canada, Peter MacKay, se trouve à Berlin pour assister à la cérémonie de commémoration de la chute du mur organisée par le gouvernement allemand. Dans un communiqué, il s'est dit fier de la contribution apportée par les hommes et les femmes en uniforme durant la guerre froide.

Il rappelle qu'ils ont défendu la liberté, la démocratie, le respect des droits humains et la règle de droit, tout comme ils le font aujourd'hui.

Les Forces canadiennes ont été stationnées en Allemagne de l'Ouest pendant 40 ans durant la guerre froide. Près d'un million de militaires et leurs familles étaient stationnés en Allemagne durant cette période.

Bien que la majorité des forces canadiennes aient été retirées de l'Allemagne à la fin de la guerre froide, il reste près de 275 militaires et plus de 700 de leurs proches qui vivent et travaillent toujours en Allemagne aujourd'hui.