LCN
Dans une lettre d'opinion conjointe, l'ancien premier ministre du Québec, le président de la FTQ, la chanteuse et la présidente de l'Ordre des psychologues du Québec ont invité les autorités, mais aussi chaque citoyen, à faire davantage pour sauver des vies.
Ils ont rencontré la presse, lundi à Montréal, en compagnie notamment du président de la Fédération des cégeps Gaëtan Boucher ainsi que des sœurs de Dédé Fortin, ex-chanteur des Colocs, pour expliquer pourquoi cette cause leur tenait à cœur.
L'épouse de Bernard Landry, la comédienne Chantal Renaud, a perdu son fils Patrice qui s'est suicidé. Elle n'a pas voulu dire il y a combien de temps. La voix étranglée par les sanglots, elle a livré un témoignage poignant. «Mon fils unique s'est suicidé. J'aimerais qu'il soit encore en vie. Il y a d'autres Patrice au Québec.»
Le Québec est l'un des endroits, dans le monde industrialisé, où le taux de suicide est le plus élevé et il l'est particulièrement chez les jeunes de 15 à 19 ans. Il est même la première cause de mortalité chez les hommes de moins de 40 ans.
Le directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, Louis Lemay, a relevé quelques initiatives heureuses qui ont déjà été prises pour contrer les suicides impulsifs, comme les barrières anti-suicide du pont Jacques-Cartier.
M. Lemay a aussi applaudi au déploiement de sentinelles dans les milieux de vie des jeunes. Il s'agit de personnes formées pour reconnaître les signes de détresse chez les jeunes. «On pourrait envisager que ce programme soit déployé davantage», a-t-il souhaité.
La FTQ, par exemple, a déjà formé 2000 délégués sociaux, des collègues qui œuvrent auprès de leurs pairs pour les amener à régler leurs problèmes de jeu, de drogue, d'alcoolisme, de violence conjugale ou autre.
M. Landry a rappelé que le suicide est «une tragédie individuelle» mais qui touche toute la famille, et ce, pour longtemps. «Dans le cas du Québec, c'est un problème national», a opiné l'ancien premier ministre du Québec.
M. Boucher, de la Fédération des cégeps, a déploré que les collèges n'aient pas les ressources pour mener à bien tous les projets qu'ils souhaiteraient mettre en œuvre pour contrer le suicide chez les jeunes. Les travailleurs sociaux, psychologues et conseillers en orientation, «on en fait cruellement défaut», a-t-il déploré.
Il y a eu dans les cégeps au moins 122 tentatives de suicide, dont 13 se sont soldées par un décès, en 2005, et ce dans 39 établissements, a précisé M. Boucher.
En vidéo, écoutez le reportage d'Andrée Ducharme.