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Par Normand Rhéaume
Avec 788 000 enfants pauvres au Canada, le gouvernement Harper devrait renoncer à baisser la TPS de 6% à 5% le 1er janvier 2008 et plutôt consacrer l'argent à une stratégie globale de réduction de la pauvreté au pays, suggère Campagne 2000, un organisme qui combat l'indigence infantile.
Le Rapport 2007 sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada signale que le taux de pauvreté infantile au pays est de 11,7%, le même qu'en 1989 lorsque la Chambre des communes a adopté à l'unanimité une résolution pour éradiquer le problème.
Toutefois, en 2006, 281 000 enfants ont dû avoir recours aux banques alimentaires pour se nourrir, ce qui est presque le double par rapport à 1989.
La coordonnatrice pancanadienne de Campagne 2000, Ann Decter, a signalé un fait troublant, à savoir que 41% des enfants défavorisés vivaient dans une famille dont au moins un parent travaille à plein temps sans toutefois gagner suffisamment pour sortir sa famille de la pauvreté.
Elle a expliqué que la pauvreté frappait plus souvent les enfants confrontés à de la discrimination systématique, c'est-à-dire ceux des communautés racialisées, des Premières nations ou d'immigration récente. Les taux de pauvreté infantiles dépassent 10% dans la majorité des provinces canadiennes, sauf au Québec, en Alberta et à l'Île-du-Prince-Édouard.
Une famille à faible revenu a besoin, en moyenne, selon le rapport, de 9000 à 11 000 dollars de plus par année pour échapper à la pauvreté. Madame Decter dit que les programmes gouvernementaux font une différence.
Selon elle, en 2005, le taux de pauvreté infantile aurait été trois fois plus élevé sans les investissements publics.