par Normand Rhéaume
OTTAWA -- Des scientifiques et des professionnels du gouvernement fédéral affirment que la déréglementation favorisée par le gouvernement Harper ouvre la porte à bien d'autres dangers que la listériose.
L'Institut de la fonction publique du Canada, qui compte 50 000 membres à travers le pays, lance une campagne de sensibilisation sur la salubrité des aliments, les produits dangereux et le changement climatique.
Des messages radiophoniques et des affiches feront valoir que l'intérêt public doit être soutenu par des services d'inspection indépendants et des recherches scientifiques affranchies des intérêts politiques et commerciaux.
Un site Internet ( www.sciencepublique.ca ) permettra d'envoyer un message aux députés fédéraux. «Les agents de réglementation, les inspecteurs et les chercheurs du gouvernement ont les mains liées, a déclaré la présidente de l'organisme, Michèle Demers.»
«Pire encore, a-t-elle poursuivi, rien ne leur permet de retirer du marché les produits dangereux ou de punir les entreprises qui enfreignent les règles.»
Selon l'institut, une série de mesures et de décisions stratégiques du gouvernement canadien ont privé les scientifiques d'une grande partie de leurs moyens.
Mme Demers soutient que le gouvernement fédéral joue à la roulette russe avec la santé et la sécurité des citoyens en confiant à l'entreprise privée la responsabilité de protéger les Canadiens dans les secteurs de l'alimentation, des transports et des produits de consommation.
Elle espère que le prochain parlement fédéral, dont les travaux débuteront le 18 novembre, suspendra l'autoréglementation industrielle et allouera des ressources et des fonds suffisants pour protéger le bien-être collectif.