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Il y a trois ans, par exemple, un million de Québécois se sont retrouvés du jour au lendemain avec un problème d'embonpoint, du moins sur papier.
Les critères d'embonpoint venaient d'être changés et rendus plus sévères, ce qui fait qu'un adulte sur deux, au Québec, a maintenant un surplus de poids.
Pour faire ce calcul, les scientifiques utilisent l'Indice de masse corporelle. Il y a trois ans, la communauté scientifique a ramené le seuil critique d'IMC de 27 à 25.
La nutritionniste Lyne Mongeau (première petite photo), de l’Institut national de santé publique du Québec, n'était pas d'accord avec ces modifications.
«On va mettre des étiquettes d'embonpoint sur une proportion de personnes qui ne sont pas à risque. On pense que c'est probablement une erreur de les étiqueter comme ça», soutient-elle.
Toute cette controverse viendrait des États-Unis, où l'on croit que les spécialistes de l'obésité sont en conflit d'intérêt parce que leurs travaux sont subventionnés par les fabricants de produits amaigrissants.
L'idée de cette controverse est partie d'un auteur américain qui a écrit un livre dans lequel il tout un chapitre porte sur le lobby des compagnies pharmaceutiques.
Les scientifiques ont aussi abaissé la limite de maigreur, ce qui fait qu'on retrouve maintenant beaucoup moins de personnes maigres au pays.
Selon Mme Mongeau, c'est une erreur, car «il y a une catégorie, surtout des femmes et des adolescentes, qui tentent de contrôler leur poids et veulent rester très, très minces et avec une catégorisation à 18,5, on les échappe. On n'est plus en mesure de capter ce groupe de femmes à risque auprès de qui on aurait pu faire des interventions.»
L'IMC se calcule en divisant notre poids par notre taille au carré, mais pour certains scientifiques, ce dernier ne veut rien dire.
«Il faut garder à l'esprit que l'indice de masse corporelle, ce n'est qu'une étape. On ne peut pas évaluer la santé des Québécois sur la base de l'indice de masse corporelle. C'est insuffisant», estime le Dr Jean-Pierre Després (deuxième petite photo), directeur de cardiologie au Centre de recherche de l’Hôpital Laval.
Depuis 20 ans, Jean-Pierre Després se bat pour faire reconnaître l'importance du tour de taille dans le bilan de santé. Un tour de taille trop élevé peux cacher de graves problèmes de santé.
«Le signe vital qu'on doit mesurer chez tous les patients, c'est son tour de taille. Là, si le tour de taille augmente dans le temps, il faut s'en préoccuper beaucoup plus que l'augmentation du poids parce que, là, vous accumulez une mauvaise graisse abdominale qui va vous rendre plus à risque pour les maladies cardiovasculaires et le diabète».
La limite à ne pas dépasser pour le tour de taille est de 90 centimètres pour les femmes et 100 centimètres pour les hommes.
En vidéo, écoutez le reportage de Pierre Stéa.