Science

Grippe A (H1N1) - Les Québécois se serrent moins la main

Grippe A (H1N1)

Les Québécois se serrent moins la main

Mise à jour : 19/10/2009 18h06
 
(D'après PC) - Alors que le pays se prépare à une éventuelle pandémie de grippe A (H1N1), il semble que les Québécois soient plus vigilants que les citoyens des autres provinces pour prévenir la propagation du virus. Ils feraient preuve de plus de prudence quand vient le moment de saluer leurs proches, selon un sondage La Presse Canadienne - Harris-Decima.

Parmi les Canadiens sondés par la firme de sondage, 52 pour cent d'entre eux ont indiqué avoir refusé de serrer la main d'une autre personne ou de lui faire une accolade, afin d'éviter de lui transmettre la grippe.

«Les Canadiens sont déjà familiers avec l'habitude plus polie d'éviter des gestes comme des accolades ou des poignées de main quand quelqu'un a un virus», a fait valoir le vice-président chez Harris-Decima, Doug Anderson.

Mais tandis que dans les provinces du Canada anglais le pourcentage de ces réponses varie de 48 pour cent, dans les provinces maritimes, à 57 pour cent en Ontario, au Québec 76 pour cent des répondants ont affirmé avoir évité de toucher leurs interlocuteurs pour ne pas les contaminer.

Les Québécois ont également été les plus nombreux à indiquer, à 73 pour cent, qu'on leur a refusé une poignée de main ou une accolade. Ailleurs au pays, le pourcentage de ces réponses varie de 37 pour cent, au Manitoba et en Saskatchewan, à 51 pour cent en Colombie-Britannique.

Une différence qui pourrait s'expliquer par les habitudes culturelles des Québécois, selon M. Anderson, qui reconnaît que les résultats de la province se distinguent particulièrement.

«Peut-être que cela a à voir avec le fait qu'il est bien connu qu'au Québec on se salue d'une accolade quand on se rencontre, en se faisant la bise. Peut-être que, parce qu'ils (les Québécois) ont une façon différente de se saluer, ils font davantage attention à ce comportement quand quelqu'un est malade», a-t-il estimé.

Mais à l'échelle nationale, les Canadiens sont à peu près tous d'accord pour dire qu'ils acceptent les inquiétudes de leurs concitoyens, affirmant à 79 pour cent qu'ils ne seraient pas insultés de se faire saluer uniquement verbalement.

Et 69 pour cent des répondants du sondage ont reconnu que la grippe H1N1 avait entraîné un changement dans leurs habitudes de salutations.

Les mesures de précautions mises de l'avant par divers organismes semblent donc avoir été adoptées par les Canadiens.

Depuis quelques semaines, certaines églises ont notamment apporté des changements à la célébration de la communion et à l'échange de la paix, qui se fait désormais sans poignées de main ni accolades, et elles ont cessé de mettre de l'eau dans les bénitiers de leurs entrées.

Et il n'y a pas que le dimanche matin que les citoyens sont invités à être prudents. Les sites Internet des cégeps, des universités, ainsi que des centres et organismes sportifs appellent tous leur clientèle à être vigilante.

Au Collège Rosemont, où quelques cas de grippe H1N1 ont été rapportés, les élèves ont été sensibilisés aux mesures d'hygiène de prévention. Mais les étudiants ne les ont pas pour autant suivies à la lettre, a reconnu la coordonnatrice aux communications du cégep.

«Je pense que les gens continuent à se donner les mains», a assuré Anne-Marie Lacombe, mais elle a précisé que les distributeurs de savon antiseptique se vidaient aux entrées du collège.

Du côté de Hockey Québec, on a décrété cette année que la poignée de main entre les joueurs, suite à la partie, se ferait les gants aux mains.

«Il ne faut pas tomber dans l'excès de ne plus faire des choses traditionnelles, mais on peut les faire différemment», a indiqué le directeur général, Sylvain B. Lalonde.

Le sondage Harris-Decima a été mené, par téléphone, auprès d'un peu plus de 1000 Canadiens, entre les 8 et 12 octobre. La marge d'erreur est de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.